vendredi 26 avril 2013

Comte Cain - Kaori Yuki

5 tomes

Résumé :
 Héritier de la famille Hargreaves, né de l’union contre-nature entre Alexis Hargreaves et sa sœur, Cain est un enfant maudit, rejeté par sa famille depuis toujours. Il ne trouve le réconfort qu’auprès de Riff, son fidèle majordome et de sa passion : collectionner les poisons.  Le comte Cain Hargreaves mène l'enquête sur diverses affaires sombres dans l'Angleterre victorienne du XIXe siècle, qui semblent toujours plus ou moins liées à son entourage.


Mon avis :
Comte Cain est une série que j'avais envie de lire depuis longtemps, tant par sa réputation que par l'attrait de ses couvertures. Je me suis procurée la série complète ainsi que les 5 premiers tomes de sa suite, God Child, il y a déjà plusieurs mois. J'ai lu le tome 1, puis le 2, et dans mon engouement, j'ai repris avec le tome 3, 4 et 5.

Dans cette série, on suit d'une part les enquêtes de Cain avec en arrière-plan ces ennemies récurrents et des révélations sur son passés. Plus on avance dans les tomes et plus les enquêtes durent longtemps, variant de quelques chapitres à deux tomes pour la dernière histoire. D'autre part, on suit des histoires tragiques sans lien avec Cain. Ces courtes histoires sont peu nombreuses et on les trouvent surtout au début, puisque les enquêtes de Cain sont courtes et leur laisse de la place.
Les histoires où l'on voit Cain sont les plus intéressantes et les plus longues, mais celle sans liens avec lui sont tout de même plaisante, leur niveau n'est pas en dessous de celui de l'histoire principale. Je n'ai pas le souvenir d'avoir trouvé une enquête meilleure qu'une autre. La dernière est très longue par rapport aux autres donc plus développée, mais les autres enquêtes plus courtes nous en apprennent tout autant sur Cain et sont très plaisante, ainsi malgré leur plus maigre développement, elles sont aussi tout aussi intéressante à lire les unes que les autres. Les différences de longueur entre les histoires ne changent donc rien au plaisir entre les tomes.
J'ai beaucoup aimé les enquêtes. Au début, on nous présente une situation comme magique, des morts qui reviendrait à la vie, des ensorceleurs, des fantômes, des malédictions... on se laisse prendre au jeu, trouvant rarement une explication. Et au fil de l'enquête, le comte Cain comprend les stratagèmes utilisés, nous les dévoile peu à peu, et nous bluff. Je n'aurais jamais trouvé, ou alors ma piste était fausse. Pa contre, j'ai eu un peu de mal avec certaines histoires à m'y retrouver, beaucoup de personnages sont présent pour un court laps de temps, et parfois on ne sait plus qui est qui.
L'ambiance qui se dégage, fantastique, gothique, sombre, est vraiment bien ressentie. J'ai beaucoup aimé me plonger dans cet univers. Une touche d'humour est présente, dans les réactions de certains protagonistes, ce qui, je trouve, permet de ne pas trop plomber l'ambiance en en faisant trop.

Les personnages sont agréables à suivre. J'aime beaucoup Cain, sont côté décalé par rapport aux normes et sournois. Son histoire est très touchante et fait que l'on s'attache à lui. De même pour Riff ou Maryweather, et même presque tous les personnages. Les ennemies de Cain ne sont pas justes "méchants", on découvre aussi leur histoire et on se prend à les plaindre aussi. Cain est également bluffant par son intelligence est sa grande connaissance des poisons.

Les dessins quant à eux, je les trouve vraiment très beaux. Ils sont fins, détaillés, dans un style plutôt ancien. L'époque choisit ne fait que rendre le tout plus beau, avec les vêtements et les lieux de l'époque.

Dernier détail, Comte Cain est suivit de God Child, dans lequel l'auteur poursuit son histoire en mettant beaucoup plus en avant la relation entre les personnages et l'organisation Delilah . Compte Cain peut être considéré comme une introduction à God Child.

En bref :
+ Un univers envoutant, une histoire intéressante, des enquêtes mystérieuses, une ambiance fantastique et gothique très réussit, de très beaux dessins, des personnages touchants, plaisants à suivre et découvrir.
- Parfois difficiles de s'y retrouver entre les personnages dans une courte histoire, l'histoire de Cain et de l'organisation Delilah n'est encore qu'une trame de fond.

9/10

jeudi 18 avril 2013

Un employé modèle - Paul Cleave



476 pages

Résumé :
Christchurch, Nouvelle-Zélande. Célibataire, aux petits soins pour sa mère, Joe Middleton, homme de ménage au commissariat central de la ville, est au fait des enquête criminelles en cours. En particulier celle qui concerne le Boucher de Christchurch, un serial killer accusé d'avoir tué sept femmes dans des conditions atroces. Pourtant, Joe sait qu'une de ces femmes n'a pas été tué par le Boucher de Christchurch. Il en est même certain, pour la simple raison qu'il est le Boucher de Christchurch. Contrarié, Joe décide de démasquer le plagiaire.
Et, pourquoi pas, de lui faire endosser la responsabilité des autres meurtres... Variation sublime sur le thème du tueur en série, ce roman d'une originalité confondante, au-delà des clichés du genre, révèle un nouvel auteur, dont on a pas fini d'entendre parler.






Mon avis :
J'avais très envie de lire ce roman quand j'ai entendu parler de sa sortie, et me retenir de l'acheter neuf en le voyant sur les étalages de nouveautés a été difficile. Mais n'aimant pas vraiment les romans policiers, je ne voulais pas risquer la déception. Et, j'ai été effectivement un peu déçue, non pas par l'histoire mais par le personnage principal. Il ne m'a pas plu, quelque chose m'a dérangé en lui (même si par le principe même, c'est un assassin, donc il n'est pas fait pour être aimé...)

J'avais une appréhension pour l'histoire, le point de vue du meurtrier est intéressant mais je ne voyais pas trop où ça pouvait mener en allant un peu plus loin qu'un jeu basique entre tueur et policiers. Mais j'ai apprécié, entre les moments tranche de vie du narrateur (un peu spéciale...) et son enquête, on ne s’ennuie pas. Des choses assez inattendues arrivent, tout ce qui tourne autour de Mélissa m'a beaucoup plus. En revanche ce qui est dommage, c'est que le meurtrier devient aussi inspecteur, et il est bien plus intéressé et méticuleux pour son enquête que ses propres meurtres.... un peu dommage que son rôle d'enquêteur passe avant celui de meurtrier, l'intérêt d'être de son point de vue en est réduit. L'enquête apporte de la dynamique à l'histoire, mais j'aurais aimé qu'elle obstrue moins le reste. Les moments tranche de vie sont aussi un peu longs parfois, et le fait que je n'ai pas accroché à Joe et sa mère n'a pas aidé...
Pourtant, la dynamique, la fluidité et l'histoire m'ont fait apprécier ce roman. La dynamique surtout reflète très bien la vie de Joe : quand les choses sont répétitives, l'histoire est lente, quand les choses sont confuses, les choses le sont un peu, et quand tout s’accélère et qu'il n'a pas le temps de tout voir venir, comme à la fin , et bien tout s’enchaîne très vite.

Pour ce qui est des personnages, j'ai eu du mal à les apprécier. Sally, Joe, la mère de Joe, les inspecteurs.... seul Mélissa m'a plu, autant qu'une femme cruelle peut plaire. Joe donc, m'a beaucoup déçue. Et c'est assez embêtant pour une histoire basé sur lui. Il peut faire preuve d'intelligence pour son enquête, mais autrement, qu'est-ce qu'il est idiot ! La folie de la puissance. Persuadé d'être le plus intelligent, de ne jamais se faire avoir, il ne prend aucune précaution quand il commet un meurtre, et puisque la police de le trouve pas, il se sent puissant et continue dans cette voie. C'est un peu hallucinant qu'un homme qui peut trouver un coupable si rapidement, prendre autant de précautions avec les preuves qu'il trouve, soit si peu méticuleux quand il commet un crime. De plus quand il narre son histoire, il parle comme un fou, il me fait penser à un attardé. C'est un homme renfermé, il ne se lie pas avec les gens, il n'a que ses poissons comme amis... Il y a un contraste entre son intelligence et ses troubles mentaux, j'ai eu beaucoup de mal à cerner le personnage. Après, en le prenant au second degrés, ses réflexions et remarques sont assez drôles, bien qu'il faille quand même aimer l'humour noir.
Sa mère, comme lui, elle me rend folle. J'avais presque envie que Joe la tue (mais c'est sa maman tout de même...). Sally est un gentille fille qui essaie d'aider Joe, mais je ne l'ai pas aimé non plus. Son côté croyante niaise est assez imbuvable. J'ai quand même été déçue par la toute fin, j'aurais voulu que Joe agisse autrement envers elle...

En bref :
+ Une histoire dynamique qui suit le sentiment du narrateur, des événements inattendus et intéressants, une lecture fluide.
- Des personnages auxquels je n'ai pas accrochés, une fin qui ne m'a pas plu totalement...

Citation :
"J'aime les femmes, et j'aime leur faire des choses qu'elles ne veulent pas me laisser faire. Il doit y avoir 2 ou 3 milliards de femmes sur cette terre. En tuer une par mois, c'est pas grand-chose. C'est juste une question de perspective." p.63

6/10

lundi 15 avril 2013

Lady Susan - Jane Austen



115 pages

Résumé :
Une veuve spirituelle et jolie, mais sans un sou, trouve refuge chez son beau-frère, un riche banquier. Est-elle sans scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou juste une coquette qui veut s'amuser ? Le jeune Reginald risque de payer cher la réponse à cette question...
Grande dame du roman anglais, Jane Austen trace le portrait très spirituel d'une aventurière, dans la lignée des personnages d'Orgueil et préjugé et de Raison et sentiments.










Mon avis :
J'ai eu envie d'un petit livre peu cher. Alors lorsque mon regard s'est posée sur le nom Austen sur la couverture, je n'ai pas hésité. Il faut dire que quelque chose dans Raison et Sentiments m'avait plus, le style de l'auteur, l'époque, les lieux.... j'ai eu envie de continuer ma découverte. Et je n'ai pas été déçue !

On suit l'histoire de Lady Susan à travers plusieurs correspondances, la sienne avec son amie Mme Johnson et celle de Mme Vernon à Lady de Courcy. Lady Susan et Mme Vernon sont deux parties opposé, ce qui nous permet de connaître les sentiments des deux parties, et on comprend vite qui sont les gentils et les méchants. Car il est vrai que cette histoire est assez manichéenne, la méchante Lady Susan se joue des gentils sans remords. Pourtant, j'ai bien aimé le trouble qu'elle vient causer dans cette famille qui n'avait rien demandé, et les autres troubles qu'elle a causé auparavant dans d'autres familles qui sont évoqué. Je me suis demandée comment tout ça allait se finir, l'histoire m'a intéressé et plu.
Cependant, j'ai trouvé la fin très précipité, comme si l'auteur avait voulu en finir ou n'avait pas vraiment d'idée. Les dernières lettres sont très courtes, les évènements s'enchainent et se stoppe pour laisser place à une courte conclusion de l'auteur. Conclusion que j'ai beaucoup aimé, empreinte d'ironie que l'on ressent très bien.
J'ai encore une fois trouvé la plume très agréable à lire. Cependant, bien que les lettres soit d'expéditeurs différents, on ne sent pas beaucoup de différence dans le style et la façon d'écrire, ce qui est un dommage, même si ça n'a en rien gâché ma lecture.

En ce qui concerne les personnages, ils sont assez typés, les méchants sont méchants et les gentils sont gentils. J'ai malgré tout apprécié les différents protagonistes. Lady Susan m'a bien plu, c'est un personnage sournois qui sait obtenir ce qu'elle veut. Elle n'est pas vraiment quelqu'un de sympathique, mais elle est intéressante. J'ai me suis aussi attachée à Frédérica, je ne saurais vous dire pourquoi. Les hommes en revanche sont tous des naïfs qui se font avoir, ils sont trainé d'un côté ou d'un autre suivant ce qu'on leur dit.
Au final, l'auteur a peu développés ses personnages, ce qui n'empêche pas de les apprécier.

En bref :
+ Une histoire sympathique qui se lit rapidement, un style et un décor très agréable.
- Les personnages sont manichéens et peu développés, la fin un peu précipitée, pas de différence de style dans l'écriture entre les différents correspondants.

7/10

mercredi 10 avril 2013

Zombie Business - Jesse Petersen



281 pages

Résumé :
Tout ne va pas si mal pour Sarah et David.
Leur mariage se porte mieux que jamais, ils ont même monté leur petite entreprise d'extermination. Le marché est florissant : plein de zombies et dons plein de clients désireux de s'en débarrasser ! Sauf que... le cours du zombie s'affole quand certains s'avèrent plus difficiles à zigouiller. Une mutation ? Ce serait le début de la crise pour Sarah et David.










Mon avis :
Il y a deux ans de ça, je faisais une nuit blanche pour lire d'une traite Zombie Thérapie. Alors lorsque j'ai vu Zombie Business en magasin, je n'ai pas hésité. Pourtant, je ne me suis pas jeté dessus malgré mon envie et mon amour pour les zombies. J'aurai dû, car j'ai dévoré ce tome en à peine deux fois, et je me suis couchée tard pour ça.

L'histoire avait tout pour me plaire, puisque ça parle de zombies. Je n'ai encore pas été déçue. Le style est si fluide qu'on tourne les pages s'en s'en rendre compte, c'est sympathique, on veut savoir ce qu'il se passe et surtout, c'est drôle ! J'ai vraiment été entrainé dans l'histoire, et même si j'ai vu venir certaines petites choses, je ne m'attendais pas du tout à la fin ! Pour accompagner le tout, c'est drôle, et l'habitude avec laquelle les personnages traitent les zombies maintenant emmène encore plus de moments comique. Pour ce qui est des zombies, on ne tombe pas dans le gore pur et dur sans pour autant que ce soit gentillet. Quand une tête vole ou que des boyaux sortent, on nous le dit. Mais ce qui ne fait plus autant horreur aux héros ne nous fait pas non plus horreur, même si ce n'est pas beau à imaginer.

On suit surtout Sarah et David encore une fois que j'aime beaucoup, mais les quelques personnages en fond sont sympathiques, bien qu'ils soient sans grand plus pour l'histoire. Puis le professeur Barnes et Le Kid apparaissent, mettant un peu plus de vie à notre couple solitaire. J'ai bien aimé ces personnages qui ont du caractère. Et même si le Kid est un sale gosse, j'aime beaucoup l'avoir avec nos héros.

En bref :
+ Un roman qui se lit d'une traite, des personnages drôles et attachants, une fin inattendue, des zombies !
- ... je ne suis pas assez objective sur ce point...


Citations :
"Mais sérieusement, si vous n'êtes toujours pas capable de vous défendre après trois mois d'enfer zombie... eh bien, vous méritez quand même un peu ce qui vous arrive." p.11

"-Je te jure, mec. Ces zombies, quand ils te regardent... c'est comme s'ils te voyaient.
-Oui, oui..." p.18

"Je me levai en me massant le coude (un conseil : si vous pouvez l'éviter, ne plongez pas sur du marbre) et les examinai." p. 93

"Cela aurait été plutôt marrant si cela n'avait été aussi dégueulasse." p.103

"Comme la bibliothèque était un lieu très fréquenté par les êtres humains, la dernière chose que nous voulions était d'informer les hordes de claudicantes de notre présence, ce qui aurait eu pour effet de la transformer en un fast-food pour zombies. Vous voulez des frites avec ce cerveau ? Petit ou grand menu ?" p.161

10/10
Challenge Zombie 1/20-30

mardi 2 avril 2013

Bilan du mois de mars

Le mois d'avril est déjà arrivé laissant le mois de mars derrière nous, et l'heure du bilan a sonné. Tout ça passe vite, déjà trois mois que je fais revivre ce blog ! Mais quand on aime, le temps nous semble court.

Bilan livresque :
Lus :
Le Seigneur des Anneaux T.1 : La Communauté de l'Anneau - J.R.R. Tolkien *
La mécanique du coeur - Mathias Malzieu *
Vingt-quatre heures de la vie d'une femme - Stefan Zweig *
Harry Potter à l'école des sorciers - J.K. Rowling *
Raison et sentiments - Jane Austen *
Je l'aimais - Anna Gavalda *
Zombie Business - Jesse Petersen : 96 pages

Acquis :
☼ Oda Eiichiro - One Piece Green  NON COMPTÉ
☼ Jodël Grasset - Le bain de Miyu (bilingue japonais-français)
☼ Rosalys - フレジ-、お菓子の魔法 (Fraisie, La Magie de la Pâtisserie) (version japonaise)
☼ Jordi Escartin - L'occitan tout de suite ! NON COMPTÉ
☼ Stefan Zweig - Vingt-quatre heures de la vie d'une femme
☼ Hamilton Laurell K. - Mérédith Gentry : Le baiser des ombres t.1
☼ Lewis Roy - Pourquoi j'ai mangé mon père
☼ Gavalda Anna - Je l'aimais
☼ James E.L. - Cinquante nuances de Grey
☼ Cleave Paul - Un employé modèle

6 romans et 2 BDs acquis pour 6 romans lus, voilà un bon score ! Ma PAL n'a pas trop souffert puisque le quota livres lus/livres acquis est de 0 ! Ça ne rattrape pas les livres que j'ai accumulé les mois précédant, mais au moins ça ne creuse pas plus. Je ne me suis pas lancée dans des pavés, mais je n'ai pas lus que des petits livres non plus. Ça manque juste de mangas et de BDs, mais je vais essayer d'y remédier en avril !
PAL : +2

Bilan des challenges :




Mini-challenge Fantasy/Fantastique les 100 livres préférés des blogueurs 2/21 +2 ->  Le Seigneur des Anneaux T.1 ; Harry Potter à l'école des sorciers

Challenge romans cultes 3/4 +2 -> Le Seigneur des Anneaux T.1 ; Harry Potter à l'école des sorciers




Baby challenge fantasy 2/20 +2 -> Le Seigneur des Anneaux T.1 ; Harry Potter à l'école des sorciers




Le défi Steampunk 1/2 +1 -> La mécanique du coeur






Un peu d'avancement qui fait plaisir ce mois-ci, même si ce n'est pas encore grandiloquent. Côté acquisitions, 3 livres entrent dans 2 challenges. Je manque encore de livres pour bien avancer, mais petit à petit j'avance. 

Je l'aimais - Anna Gavalda



155 pages

Résumé :
"On biaise, on s'arrange, on a notre petite lâcheté dans les pattes comme un animal familier. On la caresse, on la dresse, on s'y attache. C'est la vie. II y a les courageux et puis ceux qui s'accommodent. C'est tellement moins fatigant de s'accommoder... "
A-t-on le droit de tout quitter, femme et enfants, simplement parce que l'on se rend compte - un peu tard - que l'on s'est peut-être trompé ? Adrien est parti. Chloé et leurs deux filles sont sous le choc. Le père d'Adrien apporte à la jeune femme son réconfort.
À sa manière : plutôt que d'accabler son fils, il semble lui porter une certaine admiration. Son geste est égoïste, certes, mais courageux. Lui n'en a pas été capable. Tout au long d'une émouvante confidence, il raconte à sa belle-fille comment, jadis, en voulant lâchement préserver sa vie, il a tout gâché.






Mon avis :
Le résumé de ce petit livre m'avait tout de suite plu. J'ai malheureusement pu lire beaucoup d'avis négatifs à son sujet. Pourtant, en le trouvant à petit prix, j'ai tout de même voulu tenter le coup. Et si ce n'est pas vraiment un chef d'œuvre, j'ai plus apprécié ma lecture que les critiques ne le présageaient.

Il est vrai qu'en fermant ce roman, on en est à peu près au même point qu'au départ dans l'histoire. Ce n'est pas celle-ci qui compte, elle est largement un prétexte à la confession du père d'Adrien, tout comme dans Vingt-quatre heures de la vie d'une femme. Et malheureusement, cette confession ne s'étale que sur la seconde moitié du livre, laissant ainsi beaucoup de blabla inutile avant et peu de développement de celle-ci. J'aurais apprécié plus de dialogues et d'actions utiles, au lieu de tourner autour du pot pendant la moitié de l'histoire pour rien.
La confession en elle-même ne fait pas beaucoup d'éclat non plus. Elle m'a quand même touché. Pierre (le père d'Adrien) raconte son histoire d'amour, simplement, et comment elle l'a torturé et le touche toujours aujourd'hui. Ça place est peu enviable, il a le rôle de salaud et de lâche peu importe qu'il choisisse un côté ou l'autre. Il est difficile d'être la personne abandonnée, mais il est aussi difficile d'être la personne qui a envie de partir. Là où cette confession fait avancer l'histoire, c'est qu'elle fait comprendre à Chloé que rien n'aurait été heureux si Adrien c'était résigné à rester, qu'elle doit aller de l'avant et être heureuse à nouveau. Bien sûr, rien ne se passe et on ne sait rien de comment Chloé va se débrouiller ni pourquoi Adrien est parti, mais cette histoire et cette confession sont plus là en tant que réflexion que comme histoire dans laquelle se plonger. C'est peut-être là que les avis négatifs ont pris le dessus, parce qu'il ne faut pas prendre ce livre comme une histoire ayant un but, une avancée, mais plutôt comme un souvenir d'un amour, une réflexion sur l'amour, les responsabilités quand on a déjà construit une famille, le courage ou la lâcheté de tout garder ou tout détruire.
Ce petit roman m'aura posé deux situations, l'une en face de l'autre, et pendant ma lecture, j'ai ressenti la souffrance des deux côtés, comment on ne peut pas blâmer ni féliciter l'une ou l'autre. Cependant, ça ne me marquera pas énormément.

Je trouve très dommage que l'on ne s'attache pas du tout aux personnages qu'on n'a à peine le temps de découvrir, cela aurait donné plus de force au récit. Cependant, ce côté "n'importe qui" permet de rendre la situation universelle, et ainsi de se sentir concerné beaucoup plus facilement.
Le tout se lit facilement, c'est écrit gros, c'est découpé en très courts chapitres, et l'écriture est fluide, sans n'avoir rien de remarquable.


En bref :
+ Une petite réflexion qui nous touche, une écriture fluide, des personnages communs qui permettent de s'identifier facilement.
- Un première partie rempli de blabla inutile, peu de développement, une histoire prétexte pour la confession, on oubliera vite.


Citation :
"-Maintenant, j'aimerais bien m'arrêter de courir un peu parce que je trouve que la vie est belle avec vous. Je vous l'avais dit que j'essaierais de vivre sans vous... J'essaie, j'essaie, mais je ne suis pas très vaillante, je pense à vous tout le temps. Alors je vous le demande maintenant et pour la dernière fois peut-être, qu'avez-vous l'intention de faire avec moi ?
-Vous aimer." p.114


6.5/10

Raison et sentiments - Jane Austen



382 pages

Résumé :
En amour, comme en tout, rien n'a changé depuis le XIXe siècle de Lady Jane. Si la fougueuse Marianne s'abandonne à une passion qui menace de lui brûler les ailes, la sage Elinor prend le risque de perdre l'amour à force de tempérance. Raison et sentiments : impossible équation ? Les deux jeunes femmes devront apprendre de leurs vacillements. Pour le meilleur et pour le pire.











Mon avis :
J'avais hâte de découvrir Jane Austen, même si j'ai pu entendre dire que Raison et sentiments n'est pas son meilleur roman. Je ne suis pas déçue de la découverte, cependant, je ne suis pas totalement conquise non plus.

Au début, je suis entrée dans l'histoire avec entrain. Plus je lisais et plus j'avais hâte de découvrir la suite. Cependant, mon intérêt a fini par s'essouffler un peu. Malgré la promesse que le nombre important de pages me faisait, j'ai trouvé le scénario assez pauvre. Il se passe peu de choses, et même si l'on n'en a pas vraiment la certitude, on voit tout de même venir la suite. Je me suis souvent demandé s'il allait se passer quelque chose, et finalement pas grand-chose. La fin m'a tout de même un peu surprise, surtout en ce qui concerne Marianne. Je n'approuve pas du tout ! C'est trop facile.
Cependant, malgré le manque d'action et de mystère que j'ai pu ressentir, quelque chose à fait que j'ai eu du mal à lâcher ce roman. La plume de l'auteur nous emmène avec elle, l'histoire est pleine de charme par son atmosphère, son paysage. On a plaisir à imaginer les lieux, l'époque, les gens. C'est pourquoi j'ai beaucoup aimé ce livre, parce qu'il m'a emmené à une autre époque, même si les histoires de coeur y prennent toutes la place.

Concernant les personnages, je ne m'y suis pas énormément attachée, mais ils m'étaient sympathiques. Assez pour que je compatisse à leur peines et déceptions. J'ai eu un peu de mal à me souvenir de qui était qui, mais j'ai réussi à m'y retrouver.
J'ai bien aimé Marianne, car elle laisse libre court à ses sentiments, même si elle se laisse beaucoup trop aller. C'est pour cela que la fin m'a déplut, j'ai trouvé qu'elle ne correspond pas très bien au personnage que j'ai  suivi tout au long de l'histoire.
J'ai eu cependant du mal avec Elinor. Elle est censé être l'ainée sage et posée de la famille, mais je l'ai trouvé plutôt odieuse, un petit peu trop persuadée de sa "supériorité". Et son entêtement par rapport à Edward n'a rien de sage, au contraire, je la trouve encore plus naïve et butée que Marianne ! Alors que toute les preuves sont contre elle, elle continuera à croire en ce qu'elle affirme sans aucun raisonnement sensé.... on est loin de la fille sage qu'on nous décrit au début ! Je ne l'ai quand même pas détesté, elle reste touchante malgré tout.
Les personnages qui entourent nos deux héroïnes sont sympathiques, mais un peu trop extrêmes à mon gout. Nous avons ceux qui débordent de bons sentiments mielleux, ceux qui montrent de la haine à tous, et ceux qui veulent rester neutres pour ne pas avoir d'ennuis. J'aurais aimé trouver des personnages un peu plus modérés, car je n'ai vraiment apprécié que le colonel Brandon.

En bref :
+ Une plume qui nous emporte, un décor plaisant, des personnages sympathiques.
- Une fin un peu déroutante et facile, un manque d'action.


Citations :
"Voilà ce que j'aime, c'est ce qu'il faut chez un jeune homme. Quoi qu'il fasse, il doit le faire à fond et ne pas sentir la fatigue." p.48

"Voilà une expression, sir John, dit Marianne avec feu, que j'abhorre particulièrement. J'abhorre tous ces lieux communs qui visent à l'esprit ; et "mettre le cap sur un homme" ou "faire un coup de tête" sont les plus odieux de tous. Leur signification est vulgaire et grossière ; et si , à l'origine, ils ont pu paraître spirituels, le temps leur a, de longue date, fait perdre leur saveur." p.48

7.5/10