samedi 5 août 2017

La tresse - Laetitia Colombani


Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.

Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.

Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, sa vie bascule.

Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend une terrible nouvelle.

Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité.
224 pages - Contemporain - 2017




Mes impressions :

Premier roman de l'auteur, La tresse est un roman vibrant sur le destin de femmes, malgré ses défauts.

Dans La Tresse, on suit trois femmes de pays, de culture, de situation très différentes, qui on en commun plusieurs choses pourtant : elles sont femmes, elles sont fortes, et leur vie est sur le point de changer.

Que se soit en Inde, dans la caste la plus basse de la société, en Sicile dans une entreprise familiale, ou au Canada proche du sommet de la hiérarchie de son entreprise, Smita, Guilia et Sarah sont toutes trois des femmes ambitieuses, qui vont devoir se dépasser, et oser dire "non". En effet, elles seront toutes trois confrontées à leur condition de femme, le bas de la hiérarchie sociale, une étiquette qui les entrave et les oblige à se battre plus que les hommes. Car être une femme, dans la misère ou dans la richesse, reste un frein à la liberté d'être ce que l'on souhaite, de faire ce que l'on veut. Et c'est ce que ce roman démontre habilement.

On retrouve aussi dans La Tresse d'autres sujets tel que la division des classes sociales en Inde ou la maladie. L'auteur nous sensibilise à diverses conditions défavorables, le roman n'en ai que plus riche et touchant.


« Smita a déjà entendu ce chiffre, qui l'a fait frissonner : deux millions de femmes, assassinées dans le pays, chaque année. Deux millions, victimes de la barbarie des hommes, tuées dans l'indifférence générale. Le monde entier s'en fiche. Le monde les a abandonnées.»


La Tresse souffre cependant de quelques défauts. L'écriture est simple, elle se contente de décrire sans fioritures. De plus, on ressent une construction strict, un côté un peu scolaire. Le tout manque d'un petit quelque chose, tout comme l'histoire. J'ai eu le sentiment que le tout pouvait être approfondi, étoffé. Je pense que chaque histoire aurait pu faire un roman à elle seule, qu'on restait trop en surface. La partie sur l'Inde est celle qui m'a le plus emporté, le deux autres personnages m'ont parut un peu plus fades.

La tresse est un roman très intéressant, qui touche et sensibilise aux problèmes qu'il soulève, malgré son côté trop scolaire et son histoire qui aurait mérité d'être plus approfondit. Une lecture très agréable pourtant, que je vous recommande.





Merci aux éditions Grasset et à Netgalley de m'avoir permis de découvrir La Tresse !

mardi 1 août 2017

Mon juillet livresque

Encore un mois chargé de lecture en juillet !

Une vingtaine de lecture, toute variés et presque toutes intéressantes. J'apprends toujours, je voyage, je me détends et je découvre de nouvelles choses qui me plaisent. J'ai aussi augmenté mon challenge goodreads à l'objectif de 110 livres d'ici la fin de l'année, hors BDs/mangas/comics. Ma PAL, elle, a encore augmenté (c'est les soldes...), mais j'ai essayé de me procurer un peu de littérature de voyage/expéditions, donc on va dire que c'est pour la bonne cause : la diversité :D

N'hésitez pas à me demander mon avis sur mes lectures s'il n'y a pas de chronique disponible !

Mon juillet livresque en chiffres :
☼ 21 livres lus
      dont 3 de la PAL
      dont 1 manga
16 romans ajoutés à la PAL
6 BDs/mangas/comics acquis
PAL +13 = 461

Lectures :


L'Ascension du Mont Blanc - Ludovic Escande


 Quand Jean-Christophe Rufin et Sylvain Tesson emmènent un éditeur sujet au vertige à 4800 mètres d’altitude…
Éditeur parisien, Ludovic Escande est plus habitué aux salons littéraires qu’aux bivouacs en haute montagne. Un soir, il confie à son ami Sylvain Tesson qu’il traverse une période difficile, l’écrivain lui lance : « Mon cher Ludovic, on va t’emmener au sommet du mont Blanc ! ».
Il n’a jamais pratiqué l’alpinisme et souffre du vertige. Pourtant il accepte, sans réfléchir. S’il veut atteindre le toit de l’Europe, il devra affronter les glaciers à pic, les parois vertigineuses, la haute altitude et le manque d’oxygène. La voie que lui font emprunter Sylvain Tesson et Jean-Christophe Rufin est périlleuse pour un débutant. Mais c’est le plus court chemin pour retrouver goût au bonheur.
Avec sincérité et humour, Ludovic Escande raconte cette folle ascension qui est aussi et surtout une formidable aventure amicale, littéraire et spirituelle.
160 pages - Aventure/Autobiographie - 2017

Sortie officielle le 31 août 2017



Mes impressions :

Quand une personne qui va mal est entouré d'amis un peu fous, c'est une aventure tout aussi folle que l'on s'apprête à vivre.

Ludovic Escande est éditeur, il dirige la collection "L'Arpenteur" des éditions Gallimard. Alors que les problèmes s'accumulent dans sa vie, son ami Sylvain Tesson lui propose de se changer les idées. Et quand on a un ami écrivain voyageur qui n'a pas peur d'oser, on se retrouve avec un défi fou : gravir le Mont Blanc jusqu'à son sommet. C'est ainsi que débute l'aventure pour Ludovic Escande, accompagné de Sylvain Tesson et du polyvalent Jean-Christophe Ruffin.

Ludovic Escande se livre ici aux lecteurs : Va-t-il vraiment pouvoir gravir le Mont-Blanc ? Après tout, il fume beaucoup et n'est pas vraiment sportif. Et puis surtout, il souffre du vertige. Une ascension qui promet d'être difficile donc. De sa préparation à l'ascension, il nous livre d'abord ses questionnements, puis ses sensations et ses émotions. Le doute, la peur, l'exaltation, la beauté du lieu, le lecteur est emporté dans le tourbillon d'émotions que ressent le narrateur et l'on vit avec lui cette ascension, qui est une véritable aventure de sensations.

En plus d'une aventure physique, ce récit est aussi une aventure d'amitié. On découvre Sylvain Tesson et Jean-Christophe Ruffin, deux personnes aux caractères très différents, l'un fêtard et l'autre plus posé, qui apporte de la bonne humeur et de la chaleur au récit. Toujours avenant, alpinistes confirmés, ils sont un véritable soutient pour le narrateur.

Ludovic Escande nous fait vivre avec L'Ascension du Mont Blanc une aventure chaleureuse et pleine d'émotions, qui donne envie d'aller à son tour tenter cette montée vers les sommets.



Merci aux éditions Allary et à Netgalley pour m'avoir permis de découvrir L'ascension du Mont Blanc !

lundi 24 juillet 2017

L'enfant des sortilèges - Ulrich Stalker


  L'éducation n'épargne pas les hommes de changer de trajectoire ! Quand Mathieu délaisse les livres et la musique pour se consacrer à la médecine, ne renonce-t-il pas à ses rêves ? C'est d'un sacrifice que l'homme devient homme.

Que va devenir son ami Marc-Antoine qui n'excelle pas dans la musique ? Ne risque-t-il pas de se brûler les ailes ? Pourquoi sa professeur de français Aude Clermont représente-t-elle aux yeux de Mathieu l'illumination balzacienne ?

Lors d'un dîner avec Audrey, il ignore que l'étudiante désire s'affranchir de son éducation parentale. Le soir où il fête son baccalauréat, pourquoi n'a-t-il pas séduit Cécile ? À vingt-six ans, il devient médecin généraliste...

Quand il ausculte et rédige les ordonnances, il découvre des vies. L'artiste peintre Bernard Morin va-t-il exposer dans des galeries ? Le fils d'une patiente va-t-il lire Alexandre Dumas ? Comment un communiste renie-t-il ses idéaux ?
90 pages - Contemporain/Philosophique - 2017





Mes impressions :

Que personne ne se réjouisse trop vite. Derrière un titre attirant, se cache un roman qui ne vous fera pas passer un bon moment.


Dans L'enfant des sortilèges, on suit la vie inintéressante d'un bourgeois imbue de lui-même. Chaque chapitre est l'occasion d'une critique négative d'une personne rencontrée plus ou moins furtivement, qu'il se permet de juger sur la base d'une conversation ou de son apparence.

Persuadé d'être supérieur parce qu'il adore Sénèque, Beethoven et Eugène Delacroix, des artistes "de bons goûts" ultra-connus (ce qui manifeste d'un esprit éclairé, qui réfléchit par lui-même et se fait son propre avis), le narrateur dénigre allègrement tout ceux qui n'ont pas la culture et les goûts de ceux que l'on nomme "l'élite", la bonne culture ("Les Rolling Stones ont tué Beethoven !"). Guerre futile entre ses goûts et ceux des autres, critiques et débats enflammés... entre lui et lui-même.
Je ne parle même pas des dichotomies grossières présente dans l'histoire, entre lui-même, grand lecteur, et son frère, très sportif qui trouve les livres ennuyeux, pour exemple.
J'ai voulu marquer les pages dans lesquelles les propos du narrateur m'ont parut très prétentieux ou déplacés, mais j'ai fini par marquer la moitié du livre...

Dans le même ton, le narrateur expose ses grandes idées contre l'Etat, la politique, la démocratie, tout en dénigrant ceux qui ne sont pas parfaitement intégré à la société, lisse et sans rien qui ne se démarque.

Toutes ses réflexions intérieures sont le prétexte à une exposition de pensées philosophiques. Elles sont très nombreuses, et aucune n'est approfondie. Une ou deux pages à peine pour reprendre vaguement une idée déjà vue et revue, et développées de manière plus intéressante ailleurs.

Pour finir, dans un chapitre, le narrateur assiste à une naissance, et à la vue du bébé, il déclare que c'est "l'enfant des sortilèges". Sans raison. De quoi faire un bon titre de roman aguicheur.


En bref, je n'ai pas compris la volonté de l'auteur avec ce roman qui se dit philosophique, mais qui est juste un ramassis de clichés usés, même plus d'actualité. Il a au moins le mérite d'être rapide à lire.


jeudi 20 juillet 2017

Leur séparation - Sophie Lemp

« Ce samedi matin de janvier, ma mère m’attend à la sortie de l’école. Comme les autres jours, nous remontons la rue des Boulangers mais, au lieu de nous arrêter au carrefour, nous prenons à gauche dans la rue Monge. Je me retourne et aperçois un camion de déménagement garé en bas de notre immeuble. Ma mère serre ma main dans la sienne. Je n’ai pas envie de parler, je pense au camion, aux cartons, au salon qui demain sera à moitié vide. Je pense à mon père. Désormais, j’irai chez lui tous les mercredis soir et un week-end sur deux. Ma mère s’est organisée pour que je passe l’après-midi et la nuit chez une amie. Avant de partir, elle me dit Profite bien de ta journée, amuse-toi, essaye de penser à autre chose. Je hoche la tête mais je sais que jamais plus je ne penserai à autre chose.»

Sophie Lemp fête ses dix ans quand ses parents divorcent. Trente ans plus tard, c’est avec le regard d’une petite fille devenue adulte qu’elle revit cette séparation. Pourquoi cette blessure, commune à tant d’enfants, est-elle si difficile à cicatriser ?
100 pages - Autobiographie - 2017

Sortie officielle le 7 septembre 2017


Mes impressions :

L'enfance, ce moment d'innocence délicat pendant lequel on s'émerveille du monde. Mère, père, grand-parents, les personnes qui nous protègent et nous chérissent lors de nos premiers pas sont nos premiers amours, nos premières idoles, à travers lesquelles nous vivons.  Alors, quand arrive la destruction d'un couffin idyllique et protecteur, c'est la joie de l'enfance qui éclate et qui vous marque à jamais.


Sophie a 10 ans quand ses parents divorcent. Le point final d'un amour qui s'est éteint, deux personnes qui souhaitent se séparer pour démarrer une nouvelle vie, se reconstruire. Les séparations sont toujours un peu difficile, un peu douloureuse, spectre d'une relation qui n'a pas réussi à s'épanouir ou à s'entretenir. Parfois plus pour l'un que pour l'autre, parfois dans la joie et parfois dans la douleur. La séparation est le début d'un changement, qui n'est pas toujours attendue. Mais surtout, la séparation touche souvent plus que seulement les personnes qui se séparent.


Sophie voulait elle aussi écrire son histoire de séparation, mais de son point de vue d'enfant qui la subit sans avoir ni pouvoir y jouer un rôle. Si le divorce de ses parents signifie pour eux la fin d'un amour, pour Sophie, c'est la fin de son nid d'amour enfantin composé d'elle entouré de son papa et de sa maman. C'est aussi la fin de l'illusion que ses parents sont unis, sont un. Peu à peu, elle apprend et se souvient de ses petits moments où tout ne s'est pas bien passé, les signes de la déchirure irrémédiable à venir.


Sophie doit maintenant commencer elle aussi une nouvelle vie, deux nouvelles vies, une avec son père et une avec sa mère, qui s'évite le plus possible. Elle compose avec deux parents qui se révèlent différents l'un de l'autre, mais aussi animé d'émotions parfois positives mais aussi négatives, et qui, chacun, commence leur nouvelle vie, qui lui échappe un peu.



Sophie Lemp nous raconte à travers une plume douce et pudique ses sentiments, ses doutes et sa culpabilité d'enfant, une enfant prise dans un tourbillon qui a laissé sa marque sur la femme qu'elle est devenue, toujours triste de ne pas avoir pu réunir ses parents. Elle écrit pour les réunir à nouveau, pour se souvenir du doux cocon familial qui a bercé son enfance et qui a tout à coup disparu, à jamais.







 Merci aux éditions Allary et à Netgalley pour m'avoir permis de découvrir Leur séparation !